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Le site

​​Le prieuré de Bray-sur-Aunette, fondé en 1263 jouit d’une position emblématique sur le plateau du Valois dont les terres sont aussi riches que l’histoire.  Il comporte la chapelle, le pigeonnier, des caves — tous classés au titre des Monuments Historiques —, ainsi qu’un ensemble de bâtiments autour de deux  « basses-cours » et une vingtaine d’hectares de champs, pâtures et bois. 

 

Situé sur un promontoire naturel surplombant le ruisseau l’Aunette, le Prieuré est isolé mais garde des liens étroits avec le monde extérieur et le village de Bray-sur-Aunette.

 

Pour une fondation priorale, le choix de ce site fut fondamental : un promontoire calcaire, une vallée boisée soulignée par un cours d’eau, la plaine omniprésente à perte de vue (la chapelle étant le point de repère dans le paysage, refuge construit au milieu d’un vide), et en enclos dans ses murs, un prieuré tranquille et sa basse-cour.​​

Son histoire

Le Prieuré St Victor de Bray-sur-Aunette, modeste prieuré rural dépendant de la célèbre abbaye Saint-Victor de Paris, fait partie de ces fondations religieuses en milieu rural qui ont contribué à forger le paysage monumental et la société médiévale en France. Celles-ci sont le résultat des influences conjointes des rois capétiens et de l’évêque de Senlis, puissant grand seigneur temporel.

 

Quatre grandes périodes marquent l’histoire du Prieuré. En fonction des événements historiques et de l’activité des hommes, chacune de ces périodes aura été décisive pour le prieuré dont les bâtiments, les cours, les bois reflètent les différentes transformations.

  • La construction, de 1259 à 1263.

  • La période de vie monastique, pendant 5 siècles, de 1263 à 1773.

  • La période « agricole » de 1773 à 1926.

  • Le renouveau, depuis 1926 et surtout depuis 2003

"Au temps de Bray", l'histoire du Prieuré racontée 

"Au temps de Bray"
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L'Abbaye Saint Victor 
Paris

La construction, vers 1260

La famille chevaleresque des Bouteiller de Senlis doit son nom à sa charge de grand officier du roi. Depuis Guy de la Tour, en 1108, 5 membres de la famille tiendront cette fonction d’intendance et de conseil  auprès de trois rois successifs pendant plus d’un siècle. Ils conserveront le nom de la charge, bien que celle-ci n’honore plus la famille depuis 1221. Leur implantation locale s’assure peu à peu sans partage sur toutes les seigneuries des environs de Bray. Ils fondent ou dotent de nombreux établissements religieux de la région.

 

En 1249, Guy le Bouteiller, sixième (ou cinquième) du nom, Seigneur de Senlis, dans le testament qu’il rédige en 1248, fait un don pour la création d’une abbaye de chanoines réguliers dépendant de Saint-Victor de Paris (elle -même fondée à Paris en 1113 par Guillaume de Champeaux). C’était avant de partir avec le roi Louis IX pour la septième croisade, au cours de laquelle il mourut en 1249 en débarquant à Damiette en Égypte. 

 

Une des clauses du testament précisait « qu’une abbaye conventuelle de chanoines réguliers de l’ordre de Saint Augustin rattachée au monastère Saint-Victor de Paris serait fondée à Bray près de Senlis sur le quint (ndlr : le cinquième) de la succession dudit seigneur ». ​

Or, la valeur réelle du « quint » n’étant pas suffisante pour la fondation d’une abbaye, les évêques de Paris et Senlis ainsi que l’abbé de Saint-Victor de Paris la réduisent à six chanoines réunis en Prieuré. Ce qui sera confirmé par lettre patente de Saint Louis en 1255. Il faudra attendre la confirmation papale d’Alexandre IV en 1259 pour que les travaux puissent commencer. La veille de Noël 1263, le premier prieur, Raoul de Crécy, accompagné de cinq chanoines, peut enfin s’installer dans les bâtiments, et en particulier la chapelle qui viennent d’être achevés. Cette communauté de six chanoines assurait également la gestion d’un domaine agricole comportant fermes, champs et forêts, ainsi que la célébration des offices dans l’église paroissiale du hameau de Bray située à moins de cinq cent mètres du Prieuré. Mais, si ce Prieuré était de petite taille, il était par ailleurs prospère sans avoir jamais connu d’endettement chronique ou de graves problèmes internes. De plus son prieur-seigneur, en tant qu’administrateur au nom de l’abbaye Saint-Victor, possédait de nombreux pouvoirs économiques et judiciaires et notamment le pouvoir de haute justice.

Ainsi en l’espace de quelques années (1259 à 1263) et grâce aux dons d’un seigneur local, le Prieuré va pouvoir faire son entrée dans le monde spirituel et le contexte monumental si riche du milieu du XIII ème siècle. Les traces de cette contribution fondamentale à la formation du paysage et des hommes perdurent jusqu’à ce jour. ​​​

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La période monastique, XIII-XVIIIe 

En 1773 meurt le dernier prieur, Jean-Baptiste Cassenet. C’est à ce moment que le grand prieur de l’abbaye royale de St Victor de Paris, par souci de rentabilité décide de louer en totalité prieuré, ferme et biens « pour que l’abbaye fut déchargée de tout souci d’administration de ce domaine mais le preneur devait ne laisser habiter le manoir seigneurial et prieural que par d’honnêtes gens et entretenir la chapelle avec décence. ». Le premier locataire est Jacques Badin, bourgeois de Paris, mais nous ignorons si les contrôles réguliers prévus par la maison-mère ont pu garantir la bonne conservation des bâtiments.

En 1791, lors de la révolution, le Prieuré est déclaré Bien National puis vendu en 1791 à  Nicolas  Desprez de la Rézière, « homme de loi » parisien dont la famille conservera la propriété pendant près d’un siècle. Le Prieuré est loué à des fermiers. L’ensemble y compris la chapelle est désormais voué à l’exploitation agricole pendant plus de deux siècles.

 

En 1885, le Prieuré est vendu à la famille Roche. Le destin des bâtiments du prieuré pendant cette période reste obscur, mais il est probable que les destructions et transformations qui marquent le site encore aujourd’hui datent de cette époque.

Les transformations qui vont accompagner cette période douloureuse permettront toutefois de trouver de nouvelles utilisations et de sauver ainsi les bâtiments de la destruction totale. Leur entretien sera désormais assurée par les propriétaires successifs. 

La période agricole, de 1773 à 1926

En 1773, meurt le dernier prieur, Jean-Baptiste Cassenet. C’est à ce moment que le grand prieur de l’abbaye royale de Saint Victor de Paris, par souci de rentabilité décide de louer en totalité prieuré, ferme et biens « pour que l’abbaye fut déchargée de tout souci d’administration de ce domaine mais le preneur devait ne laisser habiter le manoir seigneurial et prieural que par d’honnêtes gens et entretenir la chapelle avec décence. ». Le premier locataire est Jacques Badin, bourgeois de Paris, mais nous ignorons si les contrôles réguliers prévus par la maison-mère ont pu garantir la bonne conservation des bâtiments.

En 1791, à la révolution, le prieuré est déclaré Bien National puis vendu en 1791 à  Nicolas Desprez de la Rézière, « homme de loi » parisien dont la famille conservera la propriété pendant près d’un siècle. Le prieuré est loué à des fermiers. L’ensemble y compris la chapelle est désormais voué à l’exploitation agricole pendant plus de deux siècles.

 

En 1885, le prieuré est vendu à la famille Roche. Le destin des bâtiments du prieuré pendant cette période reste obscur, mais il est probable que les destructions et transformations qui marquent le site encore aujourd’hui datent de cette époque. Les transformations qui vont accompagner cette période douloureuse permettront toutefois de trouver de nouvelles utilisations et de sauver ainsi les bâtiments de la destruction totale. Leur entretien sera désormais assurée par les propriétaires successifs

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Cour basse 20e 2.bmp

Le renouveau 

De 1926 à 1998 ​

  • En 1926, les caves voisines et vestiges situés au nord de la chapelle du Prieuré de Bray sont inscrits par arrêté du 8 avril 1926 (J.O n° 31 du 6 février 1999) sur la Liste des immeubles inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques de 1925 à 1970. ​

  • En 1943, la chapelle, le pigeonnier et la cave située au nord de l’ancien complexe monastique sont classés au titre des monuments historiques.​

  • Entre 1970 et 1980, Christiane et Charles de la Bédoyère, propriétaires depuis 1943, restaurent les toitures et les maçonneries du corps de ferme.​

  • Entre 1981 et 1997, nouveau propriétaire du Prieuré, la famille Delacharlery entreprend des travaux très importants sur l’ensemble du site et se mobilise pour engager les étapes décisives qui mettront la chapelle hors d’eau.​

  • En 1992, une étude préalable est réalisé par Yves Boiret (ACMH) pour la restauration de la chapelle classée au titre des Monuments Historiques. ​

  • En 1996, a lieu la restauration des couvertures et charpentes de la chapelle par Vincent Brunelle (ACMH). Ces travaux se terminent en 1996 peu après l’acquisition du Prieuré par Patrick et Sylvie Warin Thibault. ​

  • En 1998, Sophie et Laurent Sirot, nouvellement propriétaires, s'installent au Prieuré avec leurs enfants. 

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À partir de 1998 : la naissance du projet  

« En 1998, avec nos enfants, nous nous installons au Prieuré. Notre objectif est de restaurer une partie des bâtiments pour accueillir plusieurs familles. Assumant cette folle décision, nous débarquons dans ce lieu en mauvais état et organisons les choses pour y vivre. ​

En 2003, nous faisons la rencontre de trois jeunes architectes du patrimoine en fin d’étude à l’Ecole de Chaillot qui se passionnent pour le site et nous convainquent de mener une étude, puis nous entraînent petit à petit vers le dépôt d’un dossier de restauration globale de la chapelle, à l’attention du Conservateur Régional des Monuments Historiques. ​

Une fois lancé, ce projet de restauration suscite la création, en soutien, de l’Association des Amis du Prieuré de Bray ayant pour objet d’organiser des activités culturelles. ​

Parallèlement aussi, nous continuons à défricher, à planter, à remonter les murs, à créer des jardins et à tracer des chemins… le tout précieusement aidés par nos familles et nos amis. 

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​En 2004, l’accord de la DRAC est donné et nous nous embarquons alors, en dépit de l’absence de contribution financière de l’État, pour un chantier qui durera 10 ans et permettra à la chapelle — transformée en grenier à foin au XIXe siècle — de retrouver (quasi en totalité) l’apparence qu’elle avait au XIIIe siècle. 

Ces 10 années de chantier sont rythmées par plusieurs évènements mémorables. En 2005, « Peau d’âne » est représenté au Prieuré et nous accueillons alors 2 500 personnes en 3 jours ! En 2006, un nouveau spectacle « Au temps de Bray ». Aussi, à partir de cette année là, nous accueillons dans la Grange Saint-Augustin (enfin restaurée) et grâce à l’Association, des colloques, concerts, expositions, festival de dessins animés… En 2011, le spectacle est de retour avec le fameux « Cyrano de Bergerac » les répétitions, la construction des décors, la logistique… tout le monde est sur le pont. 

En 2013, les travaux de restauration de la chapelle sont pour l’essentiel achevés. C’est l’année de l’anniversaire de la fondation du Prieuré… 750 ans. C’est aussi l’aboutissement pour les amis, les habitants du Prieuré ainsi que les équipes de restauration de la chapelle de 10 ans de travaux spectaculaires ! 

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Entre 2014 et 2024, nous avons mené de nouveaux travaux (monstres) pour refonder la partie ferme, les accès, les chemins, les routes et créer des parkings. L’objectif a aussi été d’augmenter les surfaces habitables et dédiées à des activités et formations pour rendre le lieu plus à même de recevoir du public, des résidents. Toute l’infrastructure a été solidifiée. 

En 2015, le spectacle « Un éclat de pierre et de lumière » permet à tous de découvrir la chapelle totalement restaurée et rassemble des talents pour plusieurs soirées inoubliables !

En 2017, Jérémy Varin rejoint l’équipe du Prieuré et se mobilise pour recréer les potagers présents au XVIIIe siècle. Avec son aide, nous implantons aussi au Prieuré des vergers ainsi que des ruches. À partir de là, plus de 20 000 plans forestiers ont été plantés. 

En 2018, Mathilde Perrichon s’installe au Prieuré et crée sa marque « Les Plantes de Mathilde », en parallèle d’un jardin de plantes aromatiques et médicinales. Elle se met à la production de tisanes et assure aussi des formations.

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De 2019 à 2024, de nombreux chantiers s'enchaînent en vue d’une restauration progressive et totale de l’ancienne ferme, en lien avec la DRAC et la Commune, en vue d'accueillir dans un cadre exceptionnel nos amis du Prieuré pour la fête des 20 ans du projet ! Pour cet évènement aussi, un ouvrage sur le Prieuré et sa région est préparé par Nicolas Bilot et Marie Raimond. Réunissant les travaux de 14 universitaires, historiens, architectes et archéologues, cet ouvrage, édité par l’Association des Amis du Prieuré, est intitulé « Le Prieuré de Bray-sur-Aunette, son territoire, et son histoire, de l’Antiquité à nos jours ». 

En octobre 2024, a lieu cette fête des 20 ans. Marquant la fin de 10 années de travaux, elle est aussi pour nous l’occasion d'envisager l'avenir du Prieuré et de nous tourner vers demain. Nous réunissons alors les forces vives du Prieuré (Association, amis, habitants, famille) pour réfléchir aux grands axes de développement pour les 20 prochaines années à venir, autour du projet « Bray, cap 2044 ».

C’est en s’inscrivant dans la vocation originelle du Prieuré, qui est de « nourrir » — nourrir la terre, la faune et la flore, les hommes, dans leurs corps, leurs esprits, leurs âmes et leurs cœurs… Nourrir avec une approche simple, saine et équilibrée ! — et dans le prolongement de nos réflexions des 20 dernières années, que cette réflexion commune a mené à la formalisation des 5 axes qui guident le projet actuel du Prieuré ». ​​​​​​

 

La naissance du projet racontée par Laurent Sirot à l'occasion de la Soirée des 20 ans, Oct. 2024

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